J.M.G. Le Clézio « Avers – Des nouvelles des indésirables » éditions Gallimard 2023 dernière de couverture : « Pour moi, l’écriture est avant tout un moyen d’agir, une manière de diffuser des idées. Le sort que je réserve à mes personnages n’est guère enviable, parce que ce sont des indésirables, et mon objectif est de faire naître chez le lecteur un sentiment de révolte face à l’injustice de ce qui leur arrive (J.M.G L. C.) » Le 22 décembre 2024, je vais dans ma bibliothèque qui commence à grandir, je viens enfin d’avoir de nouvelles étagères dans ma chambre. Je me dis :’Tiens que vais-je lire aujourd’hui ?’ Je regarde … Je connais à peu près tous mes livres, lus ou à lire. Je sais où et quand je les ai achetés, trouvés, qui me les a donnés, recommandés, etc. Bref, je sais comment ils sont arrivés dans mes mains pour découvrir ce qui s’y trouve à l’intérieur. Mais là, cet ouvrage est dans ma bibliothèque, je le sors et je n’ai aucune idée d’où il vient. Comment est-il arrivé là ? Il a attiré mon attention, car justement je ne me souviens pas l’avoir acheté, ni qui me l’a donné. Étonnant. A cette période je me questionne sur mon avenir, sur quelle direction prendre ou reprendre, je cherche l’inspiration car je me sens perdue, sans fil conducteur à suivre pour la suite de mon existence. Je ne sais pas à quoi me consacrer. Je vais donc commencer ce livre, et je verrai bien. Moi aussi, effectivement, je me sens en partie indésirable, et je ressens une grande empathie pour tous ceux qui le sont. Après réflexion, arrivée à la page 58 § les étoiles, après une petite heure de lecture en ce dernier dimanche matin avant Noël, je me souviens que ce livre a dû m’être transmis par ma chère Françoise (Brion), lorsqu’elle m’a rendu la caisse de livres que je lui avais prêtés pendant sa convalescence suite à son accident du Noël précédent. Au cours et à la fin de la lecture de cet ouvrage, je comprends qu’en plus de mon engagement envers les Français de Floride (et des territoires ultra-marins), je veux entreprendre des études universitaires, en commençant par faire valider mes diplômes aux Etats-Unis, pour reprendre et continuer à exercer ma profession (vocation) d’avocat entre la France et la Floride – l’injustice est un sujet qui me touche et me trouble tant. (Et bien entendu continuer à lire et à écrire). P16-17 : « C’est à cette époque que Maureez a inventé son amie Bella, pour avoir quelqu’un à qui parler, puisque son père était parti, et que personne ne s’intéressait à elle. Puisque les filles de l’école lui jetaient des noyaux quand elles la voyaient, lui criaient des mots mauvais. (…) Bella ne répondait pas vraiment, mais Maureez entendait ses réponses, elle entendait les mots qu’elle espérait, les mots qui lui donnaient du courage, des mots d’amour, des mots pour elle toute seule. » P102 : « A ce moment-là, il a deviné ce qui ronge cette fille, sa détresse, son sentiment d’abandon. Elle lui en parlé presque tout de suite, comme on ne parle qu’à des inconnus, pour se libérer de la trahison, de la douleur, de la vie qui ne vaut plus rien. » P125 : « Ils sont dans la rue presque tout le temps, ils ont pour horizon ces places, les lignes des immeubles, les couloirs du métro. Ils sont comme moi, lancés au hasard, à la recherche d’un miracle, à la recherche d’un être humain qui les écoute et qui les fasse vivre. » p132 : « La dame employée de bureau assise sur le quai, et parce qu’il y a une panne de métro, un court-circuit quelque part, un fusible qui a brûlé, elle se penche vers sa voisine et tout à coup elle lui raconte l’histoire de sa vie, la panne a déclenché sa parole, vide sa mémoire, vide son sac, son mari qui l’a battue, qui l’a trompée, ses enfants qui l’ont abandonnée, ses amis qui se sont détournés. » Ce livre nous expose des vies de ceux que le monde oublie ; il est composé de huit nouvelles avec pour fil conducteur les indésirables, ces personnes en marge de la société, notamment très jeunes, des migrants, des enfants de la rue, des exilés ou des habitants de régions frappées par la violence. rq : il y a beaucoup d’églises qui symbolisent le refuge dans ce livre. (lu à Noël 2024)